Écoles : Québec n’a pas suivi l’avis de l’Institut national de santé publique – Radio-canada

Écoles : Québec n’a pas suivi l’avis de l’Institut national de santé publique – Radio-canada

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PHOTO : GETTY IMAGES / IZUSEK

Les scientifiques recommandaient de réduire en priorité le nombre d’élèves dans une même classe, comme en Ontario.

Les élèves du secondaire doivent porter le masque en classe, en zone rouge, depuis le 8 octobre.

 

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) avait préconisé que les cours en alternance en 4e et 5e secondaire soient faits avec des moitiés de classe plutôt que des groupes complets, comme annoncé la semaine dernière. Par ailleurs, le masque était en bas de l’échelle des priorités.

Les experts demandaient que la priorité soit la réduction du nombre de contacts rapprochés et l’augmentation de la distance entre les élèves, surtout à l’intérieur.

Or, la directive envoyée au réseau scolaire demande plutôt de maintenir les groupes-classes tels quels.

Les élèves de 4e et 5e secondaire des zones rouges doivent fréquenter l’école un jour sur deux, mais toujours avec autant de monde assis autour d’eux quand ils sont en classe.

L’avis scientifique n’a jamais été rendu public et le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge affirme que la recommandation formulée par le directeur national, Horacio Arruda, et son adjoint Richard Massé n’allait pas dans ce sens.

Précision : Le titre original de cet article a été changé par souci de clarté.

L’Institut national de santé publique du Québec confirme

La médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive à l’INSPQ Chantal Sauvageau confirme que les consignes du ministère aux écoles ne correspondent pas à l’avis qui avait été remis par l’INSPQ.

En secondaire 4 et 5, ce qu’on a recommandé, c’est vraiment de diminuer le nombre d’élèves en classe et pas uniquement dans le transport scolaire et les corridors, explique-t-elle.

S’il y a encore à l’école des classes de 30 élèves collés dans le même local, ça ne respecte pas l’esprit de l’alternance proposée.

Chantal Sauvageau, médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive, INSPQ

Mais le ministre Jean-François Roberge explique qu’il a plutôt suivi la recommandation des docteurs Horacio Arruda et Richard Massé, à la Direction nationale de la santé publique du ministère de la Santé.

Je vous confirme qu’au ministère de l’Éducation on suit les recommandations de la santé publique. Bien sûr, on discute pour comprendre et on voit qu’on a mis en oeuvre plusieurs recommandations.

Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation du Québec

Nos sources à l’INSPQ affirment que le ministère avait connaissance de leurs recommandations et s’explique mal pourquoi les directeurs nationaux les auraient ignorées.

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui représente plus de 100 000 enseignantes, enseignants, membres du personnel de soutien et professionnel(le)s de l’éducation juge ces révélations extrêmement troublantes.

C’est aussi insultant qu’inacceptable, réagit la présidente de la CSQ, Sonia Ethier. Elle exige que les avis reçus par la santé publique depuis le début de la crise soient publiés dans les plus brefs délais.

Le masque en classe, pas la priorité de l’INSPQ

C’est certain que si on reprend la hiérarchie des mesures qui fonctionnent le mieux pour réduire la transmission de la COVID, c’est de limiter le nombre de contacts et de tenter de garder une distance physique, d’au moins deux mètres, explique Chantal Sauvageau.

Oui, le masque fait partie de l’arsenal possible, mais dans la hiérarchie des mesures, il est en bas de la pyramide.

Chantal Sauvageau, médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive, INSPQ

Selon nos informations, ce n’est pas la première fois que le ministère de l’Éducation ne suit pas les recommandations de l’INSPQ et, sous le couvert de l’anonymat, des experts en santé publique s’en agacent.

Ils estiment que le ministère de l’Éducation a opté pour « la solution de facilité ».

Les experts ont été intéressés par les exemples de l’Ontario, qui a limité la taille des classes en rendant la présence physique facultative tout en permettant la webdiffusion des cours. Au Nouveau-Brunswick, le nombre d’élèves dans un même local a également été réduit.

Au Danemark, en Autriche et en Italie, la taille des classes a été diminuée pour permettre d’espacer les pupitres.

Ce printemps, le gouvernement Legault n’avait pas suivi les recommandations de la santé publique au sujet de la fermeture des garderies ou encore de l’isolement rétroactif des voyageurs revenant de la semaine de relâche.

Avec la collaboration de Davide Gentile

SOURCE : Radio-Canada