Un expert en «bullshit» ? – Le Journal de  Montréal

Un expert en «bullshit» ? – Le Journal de Montréal

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PHOTO AGENCE QMI, STEVENS LEBLANC
 

Ainsi, un conseiller en communications payé 20 000 $ par mois aidera maintenant le docteur Arruda à « mieux passer son message ». 

Il y a deux façons de voir ça.

Un : on a adjoint un « expert en communications » au directeur de santé publique pour l’aider à mieux expliquer ses décisions au peuple, à être plus clair, moins confus – bref, plus efficace.

Qu’on veuille aider le docteur Arruda à mieux communiquer, pourquoi pas ?

Si ça peut rendre les choses moins confuses, parfait !

Mais si on lui a mis un conseiller en communications dans les pattes pour s’assurer qu’il ne s’écartera pas de « la ligne » du gouvernement, et qu’il n’en dira pas plus que ce qu’il est censé dire (ou que ce que le gouvernement veut bien qu’il dise), désolé, mais moi, ça me fait tiquer.

Le directeur de santé publique est censé être indépendant.

Son rôle n’est pas de rassurer la population et, ainsi, d’aider le gouvernement à se maintenir en tête des sondages et à remporter les prochaines élections, il n’est pas la marionnette du pouvoir. 
Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Son rôle est de nous regarder droit dans les yeux et de nous dire la vérité. 

Ce n’est pas l’intérêt de la CAQ qui doit gouverner son message, mais notre intérêt.

Notre santé. 

Physique et mentale. 

QUI PARLE ?

D’ailleurs, c’est le principal problème du docteur Arruda.

Il est directeur national de santé publique, mais il est aussi sous-ministre adjoint à la Santé – donc, membre de l’appareil gouvernemental.

Quand le docteur Arruda nous parle, qui parle ?

Le directeur de santé publique, ou le sous-ministre adjoint, qui se situe en dessous du ministre dans l’organigramme du ministère de la Santé ?

Quelle est sa véritable marge de manœuvre ?

Peut-il dire tout ce qu’il pense ? 

Ou doit-il se plier aux demandes, exigences et intérêts du « politique » ?

Qui donne le « la » ?

Le directeur de santé publique, le ministre de la Santé ou le premier ministre ?

C’est pour ça qu’on lui a adjoint un « expert en communications » ?

Pour lui apprendre à communiquer comme un bon politicien ?

C’est-à-dire : à manier la langue de bois, à cacher des informations compromettantes, et à maquiller les mauvaises nouvelles en bonnes ?

CE QU’IL EN EST

Nous traversons une période extrêmement difficile. 

Le rôle du directeur de santé publique, il me semble, n’est pas d’apprendre à « spinner » un message, à dorer la pilule ou à dévier habilement les questions que les journalistes lui posent. 

Ce n’est pas de maîtriser « tous les trucs du métier » afin d’agir en bon « professionnel » de la communication. 

C’est de nous dire, dans les mots les plus simples et les plus clairs possible, ce qu’il en est. 

Sans poudre aux yeux ni bullshit.

Habituellement, les experts en communications sont là pour aider les politiciens à se défiler et à parler pour ne rien dire. 

C’est ça qu’on veut ?

SOURCE:  LE JOURNAL DE MONTREAL