COVID-19: qu’a fait Québec des 432 millions$ du fédéral destinés aux écoles?  LE SOLEIL

COVID-19: qu’a fait Québec des 432 millions$ du fédéral destinés aux écoles? LE SOLEIL

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Élisabeth Fleury
ÉLISABETH FLEURY
Le Soleil
 
Mis à jour le 1 avril 2021 à 2h51
 
Le gouvernement Legault refuse de dévoiler comment auront été dépensés les 432 millions $ du gouvernement fédéral destinés à rendre les écoles plus sécuritaires en temps de pandémie. Le motif évoqué: ces renseignements risqueraient de nuire aux relations entre Québec et Ottawa.

 

Fin août, le gouvernement fédéral avait annoncé un transfert de 2 milliards $ aux provinces pour mieux assurer la sécurité des élèves et des enseignants du pays pendant la pandémie. Québec avait récolté 432 millions $. L’aide devait être distribuée en deux versements, le premier à l’automne 2020, le second au début de 2021, après un exercice de reddition de comptes.

«Ce qu’on a demandé, c’est qu’en décembre, ils [les gouvernements provinciaux] nous disent ce qu’ils ont fait avec l’argent, comment ils ont protégé les enfants, avant qu’on verse la deuxième moitié de cet argent», avait expliqué le premier ministre Justin Trudeau en conférence de presse, en réponse à une question de journaliste.

Le gouvernement fédéral calculait que les écoles pourraient notamment, avec cet argent, améliorer leur système de ventilation, augmenter les mesures d’hygiène ou acheter de l’équipement de protection personnelle et des produits de nettoyage.

Justin Trudeau avait assuré lors de son annonce qu’il ne voulait pas empiéter sur les compétences provinciales. «Ce sont mes collègues, les premiers ministres des provinces, qui ont la responsabilité d’assurer la sécurité de nos enfants en classe et celle des enseignants au travail. Mais notre gouvernement va être là pour les aider», disait-il.

Le premier ministre ontarien Doug Ford avait révélé le 26 août que certains de ses homologues, réunis en conférence téléphonique la veille, n’étaient «pas heureux que quelqu’un leur pile sur les pieds» et qu’ils s’étaient plaints d’un empiétement dans leur compétence.

La Presse Canadienne (PC) s’était alors enquise de la position du gouvernement Legault, qui avait renvoyé les questions au sujet de l’aide d’Ottawa au cabinet de la ministre responsable des Relations canadiennes, Sonia LeBel.

«À l’aube de cette rentrée scolaire bien particulière, nous accueillons favorablement l’annonce du gouvernement fédéral. Il est primordial que nous ayons la flexibilité pour utiliser cet argent selon nos priorités», avait fait savoir la ministre LeBel dans une déclaration écrite transmise à la PC.

Sonia Lebel avait également indiqué que le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, consulterait ses partenaires du réseau scolaire afin de déterminer les priorités pour investir les quelque 216 millions $ auxquels Québec avait droit dès l’automne.

Le Soleil a demandé à la mi-janvier au ministère de l’Éducation comment il avait utilisé ou comptait utiliser les 432 millions $ du fédéral. Pour toute réponse, on nous a écrit ceci: «Concernant les 432M$ d’un nouveau fonds fédéral, le Québec utilise sa juste part de l’ensemble des fonds qui lui sont transférés pour appuyer ses propres priorités visant à maintenir un environnement sain et sécuritaire dans les écoles québécoises au cours de l’année 2020-2021, finançant ainsi des initiatives déjà planifiées ou de nouvelles initiatives.»

Le porte-parole du ministère rappelait ensuite que le ministre Jean-François Roberge avait annoncé le 26 septembre «de nouvelles initiatives pour un montant total de 85 M$ pour répondre aux mesures sanitaires et soutenir la réussite des jeunes dans un contexte de retour en classe après un arrêt prolongé».

«Des sommes supplémentaires avaient aussi été annoncées au réseau pour les frais liés à la COVID-19, notamment pour assurer la cohérence des actions du réseau scolaire avec les recommandations de l’INSPQ», écrivait encore Bryan St-Louis.

Devant le refus du ministère de ventiler les dépenses effectuées jusqu’à maintenant et celles à venir, Le Soleil s’est adressé le 21 janvier au responsable de l’accès à l’information, qui avait en principe 30 jours pour répondre à notre demande.

Après s’être prévalu du délai de 20 jours imparti la loi, celui-ci nous a finalement informé jeudi que «les documents recensés» ne pouvaient nous être transmis «étant donné qu’ils contiennent des renseignements dont la divulgation pourrait porter préjudice à la conduite des relations entre le gouvernement du Québec et un autre gouvernement [article 19 de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels]».

SOURCE : LE SOLEIL