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The Great Reset ou l’utopie d’un monde éco-digital – Libre-Média

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Par Jérôme Blanchet-Gravel | Actualité

Mercredi le 25 mai 2022, à 08:30

 

L’édition 2022 du Forum économique mondial est l’occasion de nous replonger dans l’univers de son fondateur et président, Klaus Schwab, dont le projet décomplexé est de dessiner les contours des sociétés de demain.

 
«Le futur est construit par nous», a laissé tomber Schwab au début du présent Sommet de Davos, en s’adressant aux invités présents, lesquels forment selon lui une «communauté puissante» élue pour transformer le monde. 
 
Pour bien comprendre le projet incarné par le Forum économique mondial, il faut nous référer à nouveau au livre The Great Reset paru en 2020, alors que le monde venait d’être frappé par les premières vagues de Covid-19.

 

Un livre-programme

 
The Great Reset (La Grande Réinitialisation en français) est un livre programmatique plaidant pour de profonds changements structurels dans le monde entier. Des changements politiques, économiques, technologiques et idéologiques de grande envergure. 
 
Ces changements peuvent être interprétés comme nécessitant de «casser» le modèle libéral sur lequel reposent les sociétés occidentales, les droits et libertés apparaissant comme une entrave à l’avènement d’un monde plus vert et moins individualiste. 

 

Un Great Reset écologique 

 

Klaus Schwab et le consultant en entreprise Thierry Malleret, le coauteur du livre, ne proposent rien de moins qu’une révolution des mentalités. 
 
Ils présentent leur réinitialisation comme une «absolue nécessité» et en effet, comme le processus grâce auquel l’humanité pourra survivre à la crise environnementale. 
 
Pour les deux auteurs, l’humanité n’a tout simplement aucune chance de survie face aux changements climatiques si les États ne «profitent» pas de la crise sanitaire pour implanter de nouvelles habitudes, voire un nouveau mode de vie dans les populations. 
 
Il s’agit du point le plus important du livre: ils proposent carrément de conserver les habitudes sociales et de consommation fondées sur la distanciation sociale pour limiter le transport et donc, contenir les émissions de gaz à effet de serre.
 

Capitalisme vert

 

Le télétravail est bien sûr l’une des premières habitudes à conserver, lequel serait destiné à devenir la norme. Pour les enfants, l’école virtuelle sera donc privilégiée pour les mêmes motifs environnementaux.  
 
Klaus Schwab et Thierry Malleret exhortent les décideurs qui se croient à l’avant-garde à favoriser la transition numérique et digitale pour permettre aux sociétés de développer une économie virtuelle censée être moins polluante, à la fois plus juste et plus compétitive. 
 
À ce sujet, on comprend mal pourquoi une économie numérique serait censée être plus égalitaire qu’une économie fondée sur des mécanismes de production plus «traditionnels».
 

Traçage numérique 

 
Le traçage des gens au moyen d’appareils technologiques aura aussi été pour les auteurs une solution raisonnable pour en finir avec la dernière pandémie et prévenir les prochaines. À l’avenir, il faudrait se servir de la technologie pour identifier les personnes contaminées et tous ceux avec qui elles ont été en contact. 
 
Le traçage numérique sera-t-il envisagé pour freiner la variole du singe?
 
Klaus Schwab et Thierry Malleret admettent que la vie privée pourrait être durement malmenée par la mise en place de tels systèmes de surveillance, c’est pourquoi ils demandent aux États de ne pas en abuser. 
 
Dans la dynamique de surveillance et de contrôle défendue par Schwab et Malleret, on se demande toutefois comment un tel respect des droits par des États de plus en plus gourmands serait possible. 
 

Un monde axé sur la sécurité 

 

Le nouveau monde proposé par les auteurs est un monde avant tout axé sur la sécurité sous toutes ses formes.
 
Sécurité sanitaire et écologique en particulier, mais aussi économique et psychologique, car la santé et le «bien-être personnel» seraient appelés à devenir les valeurs suprêmes de l’époque en gestation. 
 
En sociaux-démocrates, ils proposent aussi aux États de développer de meilleurs programmes de redistribution de la richesse et d’intervenir davantage dans l’économie.  
 
La planète connaît un changement de paradigme. Nous sommes en train de passer d’un monde axé sur l’identité (débats sur le nationalisme, le multiculturalisme et en Amérique sur la place des Autochtones) à un monde axé sur la sécurité, le safe space global devant l’idéal par excellence d’un siècle traversé par la peur. 

 

Nouveau mode de vie

 
Ainsi, il n’est pas interdit de penser que des gouvernements occidentaux (dont celui du Québec) ont exagéré la gravité de la crise du Covid-19, de manière à accélérer l’implantation des nouvelles habitudes censées être celles des sociétés de demain. 
 
Le maintien de règles sanitaires souvent inutiles et injustifiées sur les plans scientifique et démocratique a concordé avec le programme du Great Reset.
 
La pandémie a pu être utilisée comme une base de lancement pour ces projets futuristes. C’est du moins exactement la proposition de Schwab et Malleret présentée dans leur livre: de souligner ce fait n’a donc absolument rien de «complotiste».