Montréal
Comment soutenir les privations de visites aux personnes mourantes et malades sous prétexte de protéger les personnes à risque? Comment justifier que l’isolement et l’éloignement social sont des actes sanitaires? Comment accepter la perversion de langage qui confond sciemment les «cas de COVID-19» avec des personnes testées positives souvent asymptomatiques? Comment comprendre que le gouvernement québécois ait attendu 11 mois et compté des milliers de morts avant de demander à son personnel soignant de mettre des masques N95 au contact des personnes vulnérables, les seules réelles victimes directes de la COVID-19? Comment ne pas rire devant le ministre de la Santé Christian Dubé qui essaie de nous convaincre de porter deux masques en papier pour se protéger soi-même alors que les moralisateurs nous ont répété pendant des mois que «les masques, c’est pour protéger les autres»? Comment prendre au sérieux les représentants de Santé publique qui se comportent comme d’obséquieux enfants de chœur en chantant la comptine du vaccin salvateur, occultant sans cesse le pouvoir du système immunitaire et cautionnant la fermeture d’à peu près tout ce qui fait du bien au corps et à l’esprit?
Notre époque hygiéniste a nourri un monstre bureaucratique sans queue ni tête et déjà bien gras. Non seulement il ne sauve pas les aînés, mais il étouffe notre jeunesse. Non seulement il ne soigne pas les malades, mais il enferme et écrase les bien-portants. Non seulement il ne promeut pas les saines habitudes de vie et la responsabilisation citoyenne, mais il encourage des industries et des hautes technologies qui s’imposent aux masses en leur enlevant toute volition et tout pouvoir de choisir. Sous quel vocable se rappellera-t-on de cet épisode où la sédentarité, la vie virtuelle et l’effritement des tissus économiques communautaires sont vus comme des mesures de santé publique? J’ai déjà qualifié cet épisode de folie virale, de spectacle grotesque et infantilisant, de bouffonnerie, de bigoterie sans nom. Mais voilà qu’une chasse aux sorcières aux accents moyenâgeux s’invite dans le «COVID show».
Mais qu’a fait de mal la bâtonnière de la Mauricie? A-t-elle toussé sur les téléphones de ses collègues? A-t-elle léché les poignées de porte de l’immeuble? A-t-elle éternué sur le photocopieur des employés immunodéprimés du bureau? Non! Elle est allée chercher des papiers personnels pour travailler de la maison tel qu’on le lui a demandé. Nom d’un chien! Faut-il rappeler que dans toute cette histoire, la sorcière n’avait pas la COVID!?
Ah! ces beaux concepts de transmission asymptomatique et de quarantaine préventive! Ils font de chacun de nous des assassins qui s’ignorent, ouvrant la porte à tous les abus liberticides dont peut rêver un pouvoir étatique. Ceux qui s’opposent n’ont qu’à avaler la pilule de «moraline» que nous prescrit la médecine hygiéniste: il faut sauver des vies. L’ancien militant Gabriel Nadeau-Dubois, comme tous ses nouveaux copains de la classe politique, se dévoile comme un pion opportuniste qui se colle aux discours à la mode afin d’aller se chercher du capital de sympathie. Celui qui se montrait autrefois comme un combattant populaire exhibe aujourd’hui son manque de cœur et de colonne vertébrale, son conformisme ridicule et sa dévotion à une idéologie qui lui promet une place au soleil parmi les autres laquais du moment.
Si j’exprime ma colère à l’écrit, c’est que j’arrive encore à me contenir, mais que je ne peux pas me taire devant cette connerie abyssale. Nos soi-disant leaders sont en train de créer soit des individus cyniques et désinvestis des enjeux politiques, soit des individus enragés qui risquent bientôt d’exploser devant une crise socio-économique larvée. Nous devrions changer notre approche de gestion de crise dès maintenant. Il faudrait cesser l’hystérie hygiéniste et son dogmatisme accusatoire, décentraliser les décisions de santé publique et redonner du pouvoir subsidiaire aux régions. Et surtout, il faudrait se remettre à vivre malgré et avec un virus qui n’a rien de la catastrophe humanitaire annoncée en mars dernier par les scientifiques de bonne aventure.
La catastrophe humanitaire, c’est celle qui a été créée par notre délire collectif et elle prendra bientôt de l’ampleur conséquemment aux politiques sanitaires qui se prolongent. Peut-être que notre civilisation aura assez de maturité pour ne pas sombrer dans cette mascarade trop longtemps. Les forces de la liberté se font de plus en plus entendre et des documentaires tels que «Mal traités» et «Ceci n’est pas un complot» donnent de l’espoir. Nous reviendrons peut-être à la raison dans un an, deux ans, cinq ans, durée somme toute assez courte à l’échelle de l’histoire. Les accidents de parcours peuvent néanmoins faire des ravages et j’écris ces lignes rempli d’inquiétude. Je crains que nos prétentieuses élites politiques ne soient trop exaltées par l’autoritarisme ambiant et que les citoyens qui les soutiennent ne soient trop aveuglés par la peur pour nous éviter l’abîme.
Vincent Mathieu
Montréal